Tissu économique mort !

  • mardi, 04 avril 2017 17:36
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Dans les ménages, le nerf de la vie tourne autour des recettes engendrées par les activités professionnelles des parents. C’est la même pour une Nation mais là on parle de « tissu économique ».

Le tissu économique malagasy est en régression depuis des années presqu’un siècle. Quelle en est la cause ? La première est la Colonisation, dans son ébauche de construction d’un État moderne voire d’un État-Nation au XIXème siècle, les Malagasy ont commencé par créer un tissu économique à travers le commerce avec le monde extra-océanique.

Ils ont connus ainsi depuis des siècles les négoces avec l’Afrique de l’est et par-delà l’Inde et le monde arabe. C’est de cette dernière que nous tirons le nom de notre monnaie pluriséculaire: l’Ariary provenant de rial pièce à la fois des Omanais (Zanzibar), Iraniens (Shirazi) et des Yéménites (Comores) mais non de réal (Espagnol) comme l’affirment certains.

L’irruption des Européens dans notre secteur à partir du XVIème siècle nous a ouvert un autre horizon de commerce surtout vers les plantations des Mascareignes. Ces îles voisines situées à l’est dépendaient de la grande île pendant quasiment trois siècle et demi pour leur approvisionnement en vivres. A l’ouest comme à l’est Madagascar tirait profit de ces relations commerciales et a révélé ses potentialités.

Le tissu économique de l’époque se basait sur l’agriculture, principalement du riz et de l’élevage de bovidés. Sans parler d’ « âge d’or » nous pouvons dire que les Malagasy n’étaient pas des miséreux d’autant plus qu’ils étaient, au plus, autour de trois millions et encore.

Malgré le manque de statistiques fiables, ce qui a causé le plus, de sous-peuplement de notre île a été la traite des esclaves initiée par les Colons majoritairement Français avec l’aide des Arabes (Antalaotra/Antaloatse). Mais non le paludisme comme le prétendent plus tard la cohorte de soi-disant chercheurs qui sont des administrateurs coloniaux.

Andrianampoinimerina et son fils Radama Ier ont consolidé leur royaume en luttant contre cette traite négrière et pour cette raison les Français nourrissaient une haine solide vis-à-vis des responsables originaires de l’Imerina ! Car pour les Colons de La Réunion et de Maurice, les esclaves en provenance d’Afrique et de Madagascar étaient une source de main d’œuvre bon marché .

C’est pour arrêter le trafic d’esclaves que Radama Ier signa un traité avec les Britanniques en 1816 interdisant l’exportation d’hommes vers les Mascareignes. Même si ce commerce macabre a repris sous Ranavalona Ière, il n’a plus connu l’intensité d’avant, d’autant plus que les colonies françaises ont aboli définitivement l’esclavage en 1848.

Malgré tout, la haine des Français du Royaume de Madagascar n’a jamais cessé sans aboutir à la colonisation du pays pendant 65ans. Ainsi ils ont détruits ce qui était le début d’une classe d’entrepreneurs malagasy en laissant l’île entière sous la découpe des colons.

Après le retour de l’indépendance, rien n’a changé, les Français continuaient à tirer profit, seule une poignée de Malagasy et quelques Karana immigrés de l’ère coloniale arrivèrent à survivre.

Sous la 2ème République, 1% de la population locale ont pu voir leur part de soleil en conjuguant leur verbe avec le marxisme-léninisme.

Quand on a instauré le libéralisme économique dans les années 80, peu d’entrepreneurs ont pu en profiter car les banques ne font pas confiance aux locaux. Une ou au maximum trois personnes ont émergé du lot. L’une d’entre elles s’est jetée dans l’aventure politique au début du XXIème siècle avec les conséquences que l’on sait !

Depuis il n’y a plus que les étrangers qui occupent la majorité de nos activités économiques. En résumé le tissu économique de notre Nation se rétrécit de décennies en décennies et on peut affirmer qu’il est complètement mort et enterré.

Où est l’État dans tout cela ? Car c’est son rôle de protéger ses citoyens. Mais tous les responsables n’en ont cure et se gavent sur le dos de ses concitoyens.

Anonymous

 

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