70 ans d’échec

  • mardi, 28 mars 2017 11:57
  • Britto
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Le 29 mars est un jour de deuil pour la Nation malagasy. Journée du souvenir de ceux qui ont trouvé la mort durant les événements des années 1947 à 1958. Si le chiffre de 100.000 victimes paraît un peu excessif pour une population évaluée à l’époque à 5 millions, les persécutions coloniales qui ont duré pendant une décennie expliquent le nombre élevé de morts surtout dans la partie orientale de l’île, car le soulèvement populaire a eu lieu dans cette région orientale, pour la simple raison que le poids de l’administration coloniale a été le plus ressenti pour la plupart des Malagasy.

Pourquoi le 29 mars 1947 ? Parce que nos élites de cette époque ont réclamé l’autonomie administrative de Madagascar vis-à-vis de la France. Pour la majorité, autonomie signifie tout simplement indépendance ou plus exactement retour de l’indépendance. De leur côté, la France coloniale a créé ses propres partisans, ainsi il existait une fraction de Malagasy qui refusaient l’autonomie ou l’indépendance pour des raisons qu’ils ont eux-mêmes inventé. Tout le monde connaît la suite, la « rébellion de 1947 » a été un échec pour les patriotes de Madagascar. Même 20 ans après, personne n’arrive à démêler le vrai du faux, pourtant il faut qu’un jour tout cela se sache pour en tirer des leçons pour le futur.

Un pan de cette histoire a pu être soulevé quand un président français (2004) a affirmé ses « regrets » pour ce qui s’était passé, notre chef de l’Etat de l’époque a déclaré qu’« il n’était pas encore né » ! Voilà encore un rendez-vous avec l’histoire raté pour nous les Malagasy.

En 1945, quand tout a commencé, la France a fait face à trois revendications indépendantistes de la part de ses colonies : Algérie, Madagascar et l’Indochine. Ces deux dernières avaient déjà des leaders connus de leur Nation respective : Ravoahangy et Ho Chi Minh. C’était plus de trois décennies qu’ils ont réclamé l’autonomie de leur pays au sein de l’Union française. Le discours de Brazzaville en 1943 fait par de Gaulle promettant une plus grande autonomie aux colonies a donné un grand souffle aux patriotes de tout bord. Mais tout cela n’a été qu’une duperie afin de lever plus de troupes pour étoffer l’armée française mis à mal depuis sa défaite de 1940. De Gaulle demeure un officier colonialiste même s’il avait plus d’ouverture d’esprit que ses collègues galonnés. Pourtant nos élites patriotes ont saisi la balle au bond et tout a commencé.

Ho Chi Minh aida les alliés à bouter les Japonais hors de l’Asie du Sud Est, à Madagascar l’occupation anglaise (1942-1943) a été une autre occasion ratée. A cette époque le Gl Platt commandant les forces britanniques en Afrique orientale avait suggéré aux leaders Malagasy de prendre l’administration politique de toute l’île mais ceux-ci refusèrent catégoriquement. S’ils ont accepté on aura une longueur d’avance même sur l’Indochine (Vietnam) ! C’est pour cela que nous affirmons que depuis 1947, nous avons vécu 70 ans d’échec. Notre sous-développement chronique s’explique en majeur partie de cette façon, les Malagasy n’ont jamais eu d’occasion de se lever la tête et restent des dépendants de leur ancienne métropole.
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