Quid des élites Malagasy !

  • dimanche, 19 mars 2017 16:23
  • Super User
  • Photo Archives Mampikony, Gendarmerie en feu

Ambanja, région SAVA, Mitsinjo… partout dans la Grande île, la justice populaire gagne du terrain. Car nos concitoyens ne croient plus à l’équité de la justice accusée à tort ou à raison de corruption.

Au fond, les vraies sources du problème sont peut-être ailleurs, la « corruption » atteint la quasi-totalité des professions composées de personnes ayant acquis des diplômes universitaires. Ce sont elles que la plupart des Malagasy appellent « élites » (avara-pianarana, vato nasondrotry ny tany,…). Est-ce que nos diplômés sont-ils devenus des débauchés dans l’âme ? Peut-être pas tous ! Une chose est sûre, nos titrés qu’ils soient médecins, magistrats, officiers, administrateurs,…la plupart vivent loin de la réalité quotidienne de leurs compatriotes.

Du fait de leur niveau de vie, ils se donnent l’illusion de vouloir se distinguer de la masse populaire. Ce comportement date depuis des lustres, si on regarde à partir de la Colonisation (1895-1960) nos élites ont été perçues comme étant des collaborateurs des Vazaha (Français) dans leur grande majorité. D’autant plus que la poignée d’entre elles qui ont osé défier le pouvoir colonial étaient bannies et rejetées comme des damnés. Au vu de ces expériences, beaucoup de nos « gratins » ont préféré coopérer avec la puissance dominatrice de l’époque. Parfois celle-ci n’hésitait pas à « acheter » nos plus fins esprits pour asseoir son influence.

La conséquence est grave : la déculturation de nos élites qui augmente, non seulement l’écart matériel, mais aussi intellectuel avec la population. Il y a ainsi deux normes qui s’affrontent, celle du peuple et celle des élites. La première dérivent des traditions locales et ancestrales et la seconde est tirée des enseignements reçus la plupart des occidentaux.

« Etat de droit », « respect des décisions de justice » nous viennent de l’ouest qui sont nos principaux bailleurs de fond (Banque Mondiale, FMI, France, USA), nos élites y adhèrent à 90% pour ne pas dire 100%. Par contre pour la population c’est toujours « œil pour œil et dent pour dent » une pratique datant de nos ancêtres. Alors face à un délit ou un crime, ces deux concepts sont en totale contradiction.

D’un côté nos juges réclament les preuves pour des vols ou meurtres commis à des lieux du tribunal. Souvent ces preuves sont falsifiées parfois ignorées et voilà que les accusés sont libres quelques mois voire quelques jours après leurs méfaits.

Il est envisageable que les victimes et la population se « vengent ».
Parfois se profilent derrière ces « jugements populaires » des actes de déstabilisation. Mais une réflexion doit-être tirée, car l’argent n’explique pas tout, il y a une véritable césure entre les élites et la population.

Anonymous

 

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