Des 50 Ariary au lieu des 20.000 Ariary

  • lundi, 19 juin 2017 18:01
  • Photo Sobika

Dans quelques semaines apparaîtront les billets de 20.000 MGA. Une telle situation démontre bien que l’inflation s’est bien installée chez nous et que les coupures de 100, 200, 500, 1000, 2000, 5000 MGA ne suffisent plus pour les transactions fiduciaires.

Les billets de 10.000 MGA émis plus d’une décennie ne remplissent plus leur mission donc il faut passer à une valeur supérieure. Les spécialistes de l’économie malagasy ne semblent pas s’offusquer de cette nouvelle émission de billetage, par contre les citoyens se demandent de sa vraie nécessité.

Les amateurs de « complots » pensent que la diffusion de ces nouveaux billets a pour but de faire sortir de leur cachette les argents collectés au noir provenant des trafics en tout genre. Evidemment c’est une recette connue depuis toujours afin de faire sortir de la « forêt » les soi-disant malfaiteurs qui n’ont aucune envie de déclarer ou faire savoir l’ampleur de leurs transactions cachées. Afin de lutter contre la floraison de l’économie parallèle, les Etats sous les conseils des institutions financières « internationales » (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International) procèdent au changement de coupure pour contrôler ces mouvements de fonds afin de « légaliser » ces monnaies en essayant de maîtriser l’inflation.

Pour le commun des Malagasy ces explications ne sont que théoriques et ne se répercutent point dans leurs assiettes. Billets de 10.000 ou 20.000 MGA n’empêcheront pas le coût de la vie d’augmenter, comment peut-on imaginer que le kilo de sucre atteindra 4000 MGA et celui du riz avoisinant les 2000 MGA alors que nous pouvons produire ces denrées de première nécessité.

Il ne faut pas oublier que l’actuel chef de l’Etat est un économiste gestionnaire doublé d’expertise comptable. Ce n’est pas sorcier pour lui de trouver des solutions pérennes comme il l’annonce sur l’émission audiovisuelle Fotoambita, malheureusement comme bon nombre de nos élites les connaissances théoriques sont plus florissantes que les actions pragmatiques.

Ce qu’il nous faut c’est de faire travailler les Malagasy surtout dans le secteur agricole sans attendre une quelconque sponsorisation extérieure.

Mais parlant de pragmatisme, surtout sur le domaine de la santé publique et d’hygiène, nos caniveaux et petits coins dégagent des odeurs pestilentielles porteuses de maladies transmissibles. Antananarivo est frappée par une double pollution, celle des pots d’échappements mais aussi celle des urines et autres défécations.

Les municipalités successives ont fait des efforts pour doter la Capitale de toilettes publiques, mais cela n’est pas suffisant et pour cause le manque de pièces de 50 MGA. Effectivement pour les hommes, faire ses besoins liquides dans les WC publics coûtent 50 Ariary, qu’ils n’ont pas souvent sur eux alors ils paient 100 MGA en échange ils reçoivent en retour soit un ticket de 50 Ariary utilisable sur le seul WC qui l’a issu ou un…bonbon.

Essayez donc de payer une toilette avec la même friandise, personne ne veut vous recevoir ! Pour ne pas perdre 100 MGA les hommes préfèrent se soulager contre les murs ou les caniveaux malgré les interdictions affichées.

Voilà une question pragmatique qui se posent à des responsables, la solution est claire: augmenter l’émission des pièces de 50 MGA ou rendre les WC publics gratuits comme en Malaisie et Singapour. Si cette dernière sera adoptée au moins 60 % des gens ne se satisferont plus en public.

Pourquoi ne pas émettre plus de pièce de 50 MGA pour protéger la santé publique que de courir après des chimères de lutte contre l’inflation si on n’est pas capable de produire suffisamment ce dont on a besoin.

Anonymous

 

 

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