Impunité

  • dimanche, 07 février 2016 21:07
  • Andry Baliba
  • Photo Fournie.
7 février 2009 - 7 février 2016, 7 ans déjà, mais les souvenirs restent. Ce jour devenu une date incontournable, a changé à jamais le cours de l’histoire politique de Madagascar. Des manifestants en liesse réclamant que la cessation d’un pouvoir tyrannique orchestré par Marc Ravalomanana. Comme si c’était encore hier que des centaines de milliers de malagasy venant des quatre coins de l’île ont marché ensemble et tenu débout comme une seule personne pour revendiquer la séparation de l’administration de l’Etat et les entreprises personnelles de l’homme fort du groupe Tiko. 
 
Tandis que les « yes man » ou les Tiko boys ainsi que le zanak’i Dada s’engraissent en savourant l’argent des contribuables sans que personne n’ose hausser le ton contre le caïd, une partie de la population, si ce n’est pas la majorité même, n’a pas connu les années de prospérité de Marc Ravalomanana qui a tout accaparé. Il n’a laissé que des miettes pour ceux qui sont en dehors de l’embarcation Tiko. 
 
La sonnette d’alarme tirée par l’Union européenne en octobre 2008 sollicitant la séparation de la gestion du groupe Tiko à la caisse de l’Etat n’a pas servi à grand-chose. Il a fallu attendre que la coupe soit pleine. Contre vents et marées, animés par le vent du changement des Tananariviens ne se laissaient plus faire avoir par la magique phrase « minoa fotsiny ihany» littéralement « crois seulement ».
 
Las de maltraiter les manifestants plusieurs jours durant, les forces armées, malgré leur rétribution, largement au-dessus du barème ont aussi jeté l’éponge face à la résistance du mouvement. 
En voulant s’accrocher au pouvoir et a l’obole, Marc Ravalomanana a vu rouge et a franchi le Rubicon. Pour son fauteuil, l’homme qui a mis tous les atouts de son côté en se cachant derrière ce qu’il appelle promouvoir le « vita malagasy » n’a pas hésité, même une seconde, à ôter la vie de ses compatriotes sous prétexte de la violation d’une zone rouge à Ambohitsorohitra. 
 
Classé parmi les grands dossiers, l’affaire 7 février ne serait pas ouverte d’ici quelques années. Peut-être même rangée dans le fond des tiroirs comme l’affaire Ratsimandrava, et tant d’autres.
Comme l’humanité est cruelle, des plaies laissées par les blessures du 7 février ne se cicatrisent encore, des politiciens nationaux et internationaux, même des prélats se chamaillent pour blanchir des mains sanguinaires au nom du fihavanana et de la réconciliation nationale. 
 
Mais tout compte fait ce n’est qu’une manière d’offrir de l’impunité à tous ceux qui ont sacrifié Madagascar et les Malagasy pour leurs intérêts personnels. Voilà notre démocratie, les forts ont toujours raison.
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