Elections discriminatoires

  • mercredi, 11 juillet 2018 10:51
  • Anonymous
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Le Comité Electoral National Indépendant (CENI) déclare que le montant de la caution pour les élections présidentielles de 50 millions MGA (Ariary) est maintenue, compte tenu du caractère anticipé de ce prochain suffrage. 

Ce montant servira en partie à la prise en charge de la confection du bulletin unique. 50 millions de MGA équivaut à 300 mois de salaire d’un Smicar !

Mais la Décision n° 15-HCC/D3 du 3 mai 2018 portant sur la loi organique n°2018-008 relative au régime général des élections et référendum est claire sur la contribution aux frais d’impression des bulletins uniques :

Alinéa 42- Considérant que l’article 122 de la loi organique n°2018-008 dispose que « Tout parti politique ou organisation présentant ou soutenant un candidat ou une liste de candidats, tout candidat ou liste de candidats, est tenu de verser une contribution aux frais d’impression des bulletins uniques, dont la quittance de versement est jointe au dossier de candidature » ; que l’alinéa 2 du même article ajoute que « le montant ou le taux de cette contribution est fixé par voie réglementaire selon chaque catégorie d’élection » ; que les élections sont un service public de l’Etat ; qu’en conséquence, l’impression du bulletin de vote unique devrait être pris en charge par les pouvoirs publics ; que si une contribution des candidats ou des listes de candidats est concevable, elle devrait être d’un montant raisonnable, ne constituant pas une discrimination par l’argent des candidatures .

Ainsi le texte est clair.

Que signifie cette interprétation du CENI, soutenant que l'ancien montant de la caution est maintenu par le caractère anticipé de l'élection présidentielle? Y-a-t-il anguille sous roche ? Veut-on éliminer certains candidats à petit budget, des candidats qui n'ont pas vendu la richesse du pays, qui n'ont pas détourné le bien de l'Etat ?

Pourquoi la HCC reste silencieuse sur une décision qu'elle a soutenu, car techniquement les chefs des institutions, les seuls qui peuvent la saisir ne le font pas?

Il est sûr qu’un scrutin organisé en grande partie par des financements étrangers signifie que l’organisation et la sélection des candidats doivent être « contrôlées » par la Communauté Internationale (UE, USA et France) le reste n’est que bavardage.

Déjà le choix du premier ministre de consensus s’est effectué avec la main de la CI. Sa désignation par Andry Rajoelina n’est que pour la forme, ce candidat a déjà derrière lui sa cohorte de sponsors étrangers à travers son programme Initiative pour l’Emergence de Madagascar (IEM), qui espèrent se faire rembourser en cas de victoire.

Marc Ravalomanana est aussi de la partie avec son amour immodéré du monde anglo-saxon alors que ces derniers ne le soutiennent que tièdement après son départ précipité de 2009.

Hery Rajaonarimampianinana joue au petit malin en essayant d’offrir des garanties aux businessmen chinois tout en faisant le tour des petites conférences ici et là afin de cacher sa manœuvre.

Ce qui sont visés par le CENI sont les « petits candidats » car 50 millions de MGA constituent pour certains leur budget de campagne, avec ce montant de caution, il ne reste plus que faire du porte à porte ou se faire connaître sur les réseaux sociaux.

Il n’a rien d’étonnant que certains politiciens souhaitent le report des élections car ils n’auront jamais leur chance par faute de moyens.

D’autres, plus véreux et mensongers, déclarent à qui veut l’entendre qu’ils ont le soutien de telle ou telle puissance afin d’impressionner qui ?? Alors que le vendeur d'or de Betsiaka au chinois, actuellement en train de vendre la richesse du pays à certaines puissances mafieuses, est vu avec un de ces candidats.

Ces derniers, des pseudo-nationalistes, ayant trouvé comme thème de campagne la récupération des îles éparses nous rappellent certains guérilleros de 1947. Pour motiver leurs troupes ils ont évoqué un prétendu soutien et arrivée de soldats américains…noirs en évoquant même la visite de Marcus Garvey, militant jamaïcain, à Madagascar dans le courant de l’année 1947, alors qu’il est mort en 1940 !

Rappelons que le la HCC dans l’article 19 de sa décision dispose que « le scrutin doit se tenir durant la saison sèche de l’année, entre le 31 mai et le 30 novembre, sauf cas de force majeure prononcée par la juridiction compétente sur saisine de la Commission Electorale Nationale Indépendante », mais pour ne pas entraver la mise en œuvre des articles 53 et 60 de la Constitution « qu’un scrutin doit donc, de préférence se tenir pendant la saison sèche » (article 22).

De toute manière, les "petits candidats" avec leurs bonnes idées et bonnes intentions sont accusés de peureux et classés dans la classe des "zero-virgulien".

Il est sûr qu’en se laissant faire et lasser par les crises à répétition et sans solution aucune, les Malagasy sont tombés dans le piège d’élections discriminatoires. Ils sont pris entre les loups affamés (les 3 grands candidats) et les vautours (politiciens véreux) et le grand perdant est celui qui croit à ce qu’ils disent.

Anonymous

 

 

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