L’exemple gabonais

  • mercredi, 02 mai 2018 17:10
  • Anonymous
  • Photo Archives RFI

Madagascar et le Gabon sont d’anciennes colonies françaises mais leurs trajectoires dans le développement sont diamétralement opposées.

Si Madagascar sombre dans la misère, le Gabon est une enclave de richesses grâce à ses hydrocarbures et ses bois précieux.

Madagascar a goûté à un pseudo-socialisme durant quasiment 20 ans, le Gabon a été géré par la dynastie Bongo, Omar le père auquel succéda Ali Odimba le fils depuis 2009.

Ce dernier a été mal élu dès le départ car contrairement à son père habitué au score de 99%, Odimba a toujours obtenu la majorité relative 41% en 2009 et moins que cela en 2016 face à son compatriote le métis vietnamien Jean Ping, d’où une crise post-électorale longue de plusieurs mois. Sous la pression de ses mentors français Jean Ping a cédé à contrecœur !

Mais voilà 2 ans après, la vie politique gabonaise est de nouveau entrée dans une période orageuse car… la Cour Constitutionnelle gabonaise a dissout l'Assemblée nationale le 30 avril, en demandant la démission du gouvernement, alors que le Gabon devait organiser des élections législatives avant fin avril.

"Force est de constater que le gouvernement n'a pas pu accomplir les missions qui lui sont dévolues, notamment la révision de la liste électorale depuis 2017 et la mise en place du Centre gabonais des élections, depuis janvier 2018" explique Mme Mborantsuo présidente de cette institution.

Toujours selon la Cour Constitutionnelle, le gouvernement a surtout échoué dans l'organisation des législatives au plus tard le 30 avril, après deux reports de ces élections depuis décembre 2016, que les commentateurs expliquent par les remous suscités par la présidentielle d'août 2016 dont les résultats donnant le président sortant Ali Ondimba vainqueur sont contestés par l'opposition.

Le Parlement gabonais était donc considéré comme "illégitime" depuis dimanche 29 mars les législatives n'ayant pas été tenues dans les temps fixés par la Cour constitutionnelle.

Aussitôt après, le mardi 1er mai, le premier ministre gabonais a présenté la démission de son gouvernement qu'il qualifie de conséquence légitime après la décision de la Cour Constitutionnelle de mettre fin aux pouvoirs de la législature actuelle.

Voilà un bon exemple pour la Nation malagasy, certes le contexte est différent et les Constitutions aussi, mais le fond est le même : élections.

Au Gabon la dynastie Bongo joue avec le calendrier, à Madagascar le couple Rajaonarimampianina, sa famille et sa petite cour fabrique des lois organiques pour prolonger leur présence à la tête de l’Etat.

La question que se posent les observateurs est : la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) aura-t-elle le même courage que son pendant gabonais ? En prenant en compte les réclamations des 73 députés en refusant la constitutionnalité des 3 lois organiques.

Si on avait exploité depuis nos richesses, Madagascar serait plus riche que le Gabon à l’heure qu’il est, mais il nous aurait fallu des dirigeants audacieux, même s’ils étaient obligés d’obéir à certaines règles imposées de l’extérieur.

Mais la gabegie et autres vices ont plongé notre pays dans l’abîme de la misère, même si la vie économique du Gabon a quelque peu reculé, l’élite de ce pays montre qu’il a encore du …ressort afin de prendre en main sa destinée.

Heureusement nous avons encore des ...Patriotes.

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