On forme des sauvages ?

  • jeudi, 01 février 2018 12:16
  • Anonymous
  • Photo Archives Gasypatriote Befandriana Sud

Un homme âgé autour de 60 printemps a été sauvagement tué par un ou plusieurs personnes dans l’enceinte de l’Université de Fianarantsoa samedi dernier. Selon certaines déclarations il aurait volé un desktop ce qui lui a valu ce « vindicte populaire » ayant entraîné sa mort. 

A Mahajanga, la même chose s’est produit à la suite de vols de …canards, à Antsiranana pour un portable,…

A première vue on est tenté de dire que l’absence de véritable application des lois, le citoyen lambda à commencer par les étudiants « prennent les choses en main » afin de revenir à un semblant de sécurité.

La réalité est pourtant très inquiétante, dès leur vie estudiantine certains se dressent comme de vrai-faux justiciers comme dans le far-west américain du 19ème siècle où l’on vous abat pour la simple raison que la raie de vos cheveux est sur le mauvais côté, ou vous n’avez pas payé le bon tarif de la péripatéticienne (pute) de service du saloon.

Quel type de citoyens seront-ils demain ? Des honnêtes citoyens ou de bandits en col blanc tout court ?

La défaillance du système éducatif à Madagascar depuis 1976, on le paye très cher actuellement. « Il n'y a pas d'élève ignare, mais que des enseignants nuls ! » selon une citation attribuée à Mao Tse Toung.

La « malgachisation » vantée par la révolution socialiste n’a été qu’un simple subterfuge pour une politique de revanche historique qu’une véritable refonte sociale comme ce fut le cas en Russie, Chine et les autres pays d’Asie.

Tout le monde savait que la langue malagasy dite « officielle » a été déformée en soi-disant « langue merina » par une poignée de compatriotes trop attachés aux interprétations historiques délivrées par les Occidentaux (Britanniques et Français) considérant les Merina comme un groupe à part alors qu’en réalité il y a une seule langue à Madagascar comprise du cap d’Ambre (Bobaomby) au cap Sainte Marie (Vohimena) et du cap Saint-André(Vilanandro) au cap Masoala.

Le résultat de cette politique linguistique est dramatique car au fur et à mesure du temps, les jeunes malagasy n’arrivent plus ni à maîtriser leur propre langue ni le français. Les enseignants formés sous l’administration coloniale et la 1ère République ont commencé progressivement à quitter la scène de l’éducation, avec eux ils ont emmené un pan de la qualité éducationnelle à Madagascar.

Il ne faut pas oublier que c’est à peu près à la même époque que l’éducation civique et morale a été abandonnée au profit de l’ « éducation socialiste » basée sur la prise de conscience de classe. La discipline a été délaissée car jugée trop bourgeoise donc l’anarchie s’est installée malgré le repli de certains sur les valeurs traditionnelles malagasy à l’image du fokonolona.

Les politiques de l’éducation ces dernières décennies ont été basées sur celles du « moindre coût » sous la pression des bailleurs de fonds, donc la qualité de l’enseignement s’en est ressenti.

Face à la création massive d’écoles primaires depuis le milieu des années 70, le Ministère de l’Education Nationale ne parvient plus à répondre aux besoins en enseignants des écoles publiques, les parents d’élèves étaient contraints de recruter des enseignants pour prendre en charge l’enseignement de leurs enfants. D’où la naissance de cette nouvelle catégorie d’enseignants : « maîtres FRAM » (« Fikambanan'ny Ray Aman-drenin'ny Mpianatra », association des parents d’élèves) recrutés localement par les associations de parents d’élèves et payés par elles.

Ces éducateurs FRAM qui sont issus de la 1ère et la 2nde voire la 3ème génération d’élèves de la Révolution socialiste (1975-1991) maîtrisant peu le Malagasy et encore moins le Français, nous pouvons ainsi imaginer les conséquences sur nos enfants. Les cours se limitent à des dictées pleines de faute d’orthographe.

Quantitativement et qualitativement l’éducation part à la dérive quel que soit le degré : primaire, secondaire et supérieure et à l’image de ce que l’on vit quotidiennement depuis 2013.

On se demande où est passé la sagesse de nos parents et ancêtres ? L’absence d’éducation civique et citoyenne entraîne la perte du civisme et on peut affirmer que les formations techniques délivrées par les instituts ne sont pas à la hauteur alors que nous reste-il, on est retourné à l’état de barbarie comme au temps de la traite des esclaves du 18ème siècle, c’est le résultat d’un système d’éducation mise en place depuis 40 ans.

Anonymous

(Photo Archives Gasypatriote Befandriana Sud)

 

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